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Paris Match : Benjamin Castaldi, le pompier de la téléréalité

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Paris Match : Benjamin Castaldi, le pompier de la téléréalité

Message par Nightshade le Dim 10 Aoû - 14:46

Paris Match : Benjamin Castaldi, le pompier de la téléréalité



Télévision. Avec «Loft Story», «Nouvelle star», «Secret Story», il a mis sur orbite trois émissions qui ont fait de la trash TV un phénomène de société. Entretien.

La téléréalité c’est comme Saint-Tropez. Chaque printemps on prédit que c’est fini, mais chaque été tout le monde s’y précipite. Depuis ses débuts le 27 juin, « Secret Story » attire en moyenne 2,5 millions de fans tous les jours et 3,8 millions le vendredi en deuxième partie de soirée. Il faut dire que, avec ses bimbos improbables, ses secrets indécelables et ses amours contestables, l’émission offre exactement ce que les téléspectateurs veulent voir en vacances. Lorsque, en 2001, M6 ouvre le bal de ces programmes d’un autre genre, elle proposa à une bonne douzaine d’animateurs d’essuyer les plâtres. Tous refusèrent. Plus inconscient, ou mieux informé que les autres, Benjamin Castaldi, lui, sauta le pas. Et y gagna ses galons de vedette télé. Sept ans plus tard, après avoir mis sur orbite la «Nouvelle Star», on le retrouve aux commandes de «Secret Story» sur TF1. Il y est aussi à l’aise que Loana et Jean-Edouard dans leur piscine. Les rodomontades des candidats, les petits calculs des participants, leurs gros drames et leurs ridicules font le sel de ses commentaires dans son émission quotidienne. A mi-chemin de son marathon estival, nous lui avons demandé de se pencher sur les derniers rebondissements de son émission ainsi que sur les chamboulements qui ont agité la télévision ces derniers mois.

Paris Match. Quels sont les ingrédients nécessaires à une émission de téléréalité réussie?
Benjamin Castaldi. On a longtemps dit que tout reposait sur le casting. Mais pas seulement. Vous pouvez rassembler les meilleurs acteurs du monde dans un film, s’ils ne sont pas poussés par un bon scénario, ça ne marche pas. C’est le même principe pour la téléréalité. Vous pouvez avoir des candidats extravertis, des bimbos, des faux couples... si la mayonnaise ne prend pas, l’émission n’intéressera pas les gens. Tant qu’on n’a pas vu tout ce petit monde fonctionner ensemble, on ne peut pas savoir si ça va marcher.

De quels moyens disposent les producteurs pour aiguillonner les ­candidats, les obliger à faire le spectacle?
Contrairement à la légende, les participants ne sont pas titillés en permanence. Le scénario se fait tout seul. Ou ne se fait pas. Dans “Secret Story”, on avait imaginé qu’Isabelle avait une personnalité exceptionnelle et un caractère entier. Sur le papier elle était extravertie et drôle. Dans le jeu, elle a le blues et veut rentrer chez elle.

Ces émissions resteraient donc très empiriques et ne fonctionneraient que sur l’expérimentation?
Oui. En revanche, plus on met des gens hauts en couleur ensemble moins cela va marcher car les caractères s’annulent. Autre fruit de l’expérience : autrefois, on faisait tout pour garder un bon client en se disant que son départ nuirait à l’émission. C’est faux : cela permet à un autre de se révéler.

Le danger n’est-il pas d’avoir affaire à des candidats professionnels qui connaissent tous les arcanes de ce spectacle?
C’est plus gênant pour les émissions de “talents” comme “Star Academy” et “Nouvelle Star”. Aujourd’hui, personne ne fait de la téléréalité pour devenir célèbre mais pour passer un bon moment, s’amuser et gagner un peu d’argent. J’espère que les candidats ont compris qu’une apparition dans “Secret Story” n’apportait pas la gloire.

L’argent reste-t-il une motivation suffisante pour attirer des candidats?
A l’heure où l’on se parle, la cagnotte d’Heider dépasse les 60 000 euros. S’il gagnait le jeu, il recevrait en plus 150 000 euros. Ce sont des sommes qui peuvent convaincre bien des gens. Depuis l’argent est une des carottes de la téléréalité.

Justement, ne regrettez-vous pas d’avoir fait croire en 2001 aux lofteurs qu’ils allaient devenir des stars?
On ne leur a rien fait croire. Qui a fait poser Aziz et Delphine en couverture de Match à Cannes en plein Festival ? Ni moi ni M6. Ce sont les médias qui se sont emparés du phénomène. Pas nous. Rassurez-vous, vous n’étiez pas les seuls, la revue de presse de “Loft Story” fait plus de 12 mètres de hauteur!

Imaginiez-vous ce raz de marée médiatique?
Non. Mais une chose m’avait interpellé. Angela Lorente, qui était déjà l’une des meilleures spécialistes du genre et avait supervisé le casting, m’avait assuré que les vedettes du programme seraient les candidats. Je venais de changer de chaîne, de signer mon premier contrat pour une émission en prime time, et on m’annonçait que des inconnus allaient devenir plus connus que moi en quinze jours. Je n’y croyais pas, et pourtant elle avait raison.

Qu’est-ce qui pourrait aujourd’hui créer une polémique dans une émission de téléréalité française?
Plus grand-chose. Au moment de “Loft Story”, l’existence même du programme était un scandale. En France, on s’est fixé des barrières beaucoup plus sévères que dans les autres pays européens ou aux Etats-Unis. Nous ne choisissons pas de couples particulièrement ­délurés. Et s’il devait y avoir une scène très hot, je pense que les caméras ne la filmeraient pas. Une candidate qui accouche en direct – comme aux Pays-Bas – est inenvisageable chez nous ; tout comme un malade que l’on verrait dépérir de jour en jour ou un candidat qui viendrait à mourir sous nos yeux. L’année dernière, je m’étais opposé à la présence d’un prêtre défroqué dans l’émission. En plein scandale de la pédophilie, cela aurait donné lieu à des supputations malsaines.

Le but de la téléréalité n’est donc pas de montrer la société comme elle est?
Non, mais on peut lui reconnaître des bienfaits sociologiques. A titre personnel j’aurais adoré que l’on adapte en France “Miss Swan” : une transsexuelle est proposée à une vingtaine d’autres hommes. Et ce n’est qu’à la fin de l’émission qu’on leur révèle que l’objet de leurs désirs n’est pas une femme. J’aurais aimé que cela arrive en France, mais une partie des candidats américains ont porté plainte.

Franchement, trouvez-vous élégant de proposer 500 euros à deux candidats pour qu’ils courent en string devant des caméras?
Ce n’est pas ce qu’on a fait de plus intelligent ! On veut tellement occuper les candidats que parfois on va trop loin.

Que vous inspire le retrait de Patrick Poivre d’Arvor après vingt et un ans à la tête du JT de TF1?
Les nouveaux dirigeants de la chaîne sont en train de restructurer la maison du sol au plafond. Dans ce genre de situation, il faut donner un signal fort. Je pense que c’est comme cela qu’il faut interpréter le remplacement de PPDA par Laurence Ferrari.

Cela signifie-t-il que c’est la fin des stars à la télévision?
On est beaucoup plus exigeant avec nous. Par rapport à l’année ­dernière, j’ai beaucoup plus de pression. On m’a fixé des objectifs impérieux. Ce que l’on voit dans le paysage audiovisuel français est sans précédent. Les téléspectateurs qui avaient du mal à vivre avec six chaînes doivent aujourd’hui composer avec deux fois plus de canaux. A 12 ans, mon fils Julien demande ce qu’il y a sur Gulli, NRJ 12 ou W9 aussi facilement que les programmes de TF1 ou M6. Pour sortir du lot, les grandes chaînes doivent miser sur l’événement : le sport, les directs et la téléréalité de prestige. Et il faudra toujours des vedettes pour les incarner. Mais celles-ci devront remplir certaines obligations.

Où en sont vos activités de producteur?
Ma société B3Com a fermé ses portes cet été. Aujourd’hui, tout le monde discute avec tout le monde. Fremantle [le producteur de “Nouvelle star”], Endemol, Stéphane Courbit, Lagardère, de gros groupes sont en train de se constituer. Je m’associerai sans doute avec l’un d’eux, mais mon choix n’est pas arrêté. Pour l’instant, je me concentre sur un concept allemand, dont une boîte de prod, dans laquelle j’ai des intérêts, a acheté les droits. Ce sont des questions de culture générale, de chance et des épreuves sportives qui opposeraient une célébrité à des candidats inconnus. Si ceux-ci l’emportent, ils gagnent 150 000 euros ; si c’est la célébrité, la cagnotte grossit. En Allemagne, elle a atteint jusqu’à 1 million...

Vous êtes officiellement divorcé de Flavie Flament. Heureux ? Soulagé ? Indifférent?

[Long silence.] Tout est bien qui finit bien.

Source : parismatch.com

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