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Laurent Storch : "Pour TF1, moins de films et des séries françaises de 12 à 20 épisodes"

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Laurent Storch : "Pour TF1, moins de films et des séries françaises de 12 à 20 épisodes"

Message par Nightshade le Dim 14 Sep - 20:28


Laurent Storch : "Pour TF1, moins de films et des séries françaises de 12 à 20 épisodes"



Publié le 10/09/2008 à 19:02 - Modifié le 11/09/2008 à 11:39 Le Point.fr
Emmanuel Berretta


TF1 présentait ce matin ses nouveaux programmes. La chaîne a passé une année difficile, mais tente de repartir du bon pied en proposant un ripolinage de ses vieux succès et quelques nouveautés audacieuses. Revue de chantier avec Laurent Storch, nouveau directeur des programmes dont le portefeuille comprend les films, les séries, les divertissements, mais pas le sport ni l'info. TF1 sort enfin de son pesant silence !

Le Point : En juin dernier, vous aviez lancé un grand concours d'idées auprès des producteurs, le "TF1 pitch". Qu'en avez-vous gardé ?

L. S. : Quatre-vingts producteurs ont répondu à notre appel. Ils nous ont présenté 130 programmes. Nous avons retenu dix projets, dont 6 ont donné lieu au tournage d'un pilote. Nous avons besoin d'un nouveau magazine d'info. Le public est en demande ainsi qu'en témoignent les bonnes audiences de Reportage et d'Envoyé spécial sur la Deux. Et puis, nous avons besoin d'un nouveau magazine de divertissement.

Le Point : TF1 veut-elle monter en gamme ?

L. S. : Disons que si on considère qu'une audience de 5 à 6 millions de téléspectateurs est désormais satisfaisante, c'est le moment ou jamais de prendre des risques. Avant, ça ronronnait un peu. On se reposait sur nos lauriers.

Le Point : Pourquoi, dans ce cas, avoir relancé la Star Ac' pour une 8e saison alors que la dernière saison a montré de sérieux signes de fatigue ?

L. S. : La Star Ac' demeure la plus grande émission de variétés d'Europe. Tant que nous n'aurons pas de format capable d'accueillir des stars internationales et françaises de la chanson, la Star Ac' continuera. C'est même notre devoir vis-à-vis de la filière musicale. Cela dit, on a remis le programme d'équerre. Les "belles voix" représentent maintenant 70 à 75 % des candidats. Seuls 20 % ont été choisis plutôt pour leur personnalité propre. N'oubliez pas que la Star Ac' reste une école. Les candidats sont censés apprendre leur métier, donc, on ne peut pas d'emblée choisir uniquement des chanteurs d'un bon niveau comme sur M6. On revient à une formule sans jury. Six profs ont été recrutés, dont trois pas à piquer des hannetons.

Le Point : Pourquoi avoir implanté la Star Ac' à Paris, dans le troisième arrondissement ?

L. S. : Parce que je ne connais pas de chanteur qui ait fait carrière à Roanne (je viens de Roanne). Tous les gens qui veulent réussir dans le show-biz "montent à la capitale", ça me paraît assez évident et cohérent avec le concept de ce programme.

Le Point : Du coup, les voisins se plaignent...

L. S. : Il n'y a pourtant pas de quoi. Nous avons archi-insonorisé les lieux. Bon, d'accord, nous occupons trois places de parking. Mais pour le reste, j'attribue cette acrimonie au fait que le troisième arrondissement est un fief bobo qui, primo, ne regarde pas la télé, et secundo, n'aime pas la variété française. En outre, tous ne se plaignent pas. Et notamment ceux qui louent leurs fenêtres aux paparazzis pour 5.000 euros le "shooting", par exemple...

Le Point : Autre pari, vous allez lancer un talk-show du matin avec Julien Arnaud à la présentation...

L. S. : Julien Arnaud coprésentera avec une animatrice que nous sommes en train de choisir. Ce sera un rendez-vous d'info-tainement. Julien Arnaud assurera la partie "info", et l'animatrice la partie "tainment". Sur ce type d'émission, en direct du lundi au vendredi, on repeint le TGV pendant qu'il roule. Donc, on ne sera vraiment au point que dans trois à six mois. Cela fait tellement longtemps que TF1 est absente dans ce créneau du matin qu'il nous faut tout réapprendre.

Le Point : Vous ne programmez pas frontalement ce magazine face à Télématin sur France 2. La crainte d'affronter ce vieux briscard de Leymergie ?

L. S. : Problème de place, en fait. Le matin, nous avons l'obligation de diffuser 1.000 heures de dessins animés par an. Ce qui nous va très bien d'ailleurs. Ensuite, nous avons Téléshopping qui est l'un des principaux leviers de la diversification du groupe TF1. Téléshophing , c'est un magasin. Or, on ne change pas les horaires d'un magazine.

Le Point : Les scores de La méthode Cauet sont de moins en moins bons. Le moment n'est-il pas venu de changer ?

L. S. : D'abord, vous le savez, notre contrat avec Cauet nous lie pour encore une saison. On ne dégage pas les gens comme ça. Ensuite, je distingue Cauet de La méthode Cauet . Son émission est sans doute usée, pas lui. Il est intelligent. Laissons-lui encore 5 à 6 semaines, et puis on fera le point.

Le Point : La fiction française est en crise. Avez-vous trouvé les remèdes ?

L. S. : Mise à part Joséphine ange gardien , tout va évoluer. Avec André Béraud, responsable de la fiction française, nous avons déterminé deux enjeux éditoriaux. D'abord, TF1 a trop donné dans le genre "policier". Nous souhaitons aller vers un genre plus proche des goûts féminins dans une écriture américanisée.

Le Point : Vous aurez donc votre série hospitalière à l'image de Grey's Anatomy ...

L. S. : On n'exclut rien pour le moment. Ensuite, en terme de "procedural drama", nous privilégions les épisodes de 52 minutes à intrigue bouclée avec un enjeu fort dans les dix premières minutes. Et puis, le renouveau de la fiction française passe aussi par une révolution dans notre modèle de production. Désormais, on refusera tout projet de série en dessous de douze épisodes par saison. L'objectif est d'atteindre 20 épisodes par saison. Si dans deux ans, nous avons mis en place 3 ou 4 séries françaises capables d'aligner 12 à 20 épisodes, je vous garantis que le problème de la fiction française sera derrière nous.

Le Point : C'est la disparition du téléfilm à l'unité, donc...

L. S. : À quoi cela rime de dépenser une énergie folle pour un téléfilm que tout le monde oublie sitôt diffusé... Les téléfilms, oui, il y en aura moins. Et il faudra les éditorialiser par humeur : les faits divers, l'humour et - pourquoi pas ? - le genre historique. Mais priorité aux séries.

Le Point : Plus de séries, ça veut dire moins de films ?

L. S. : On diffusera toujours 180 films, mais seulement 60 films en prime time contre 75 actuellement. Sur ces 60 films, 36 seront français et 24 américains. Je n'ai pas de souci avec les films américains, je suis plus inquiet pour l'approvisionnement en films français. À l'exception des Ch'tis , toutes les comédies françaises ont connu l'échec cette année...

Le Point : La télé-réalité restera-t-elle un genre fort sur l'antenne de TF1 ?

L. S. : Je vous le confirme ! Et d'ailleurs, il y aura un Kho Lanta d'hiver avec 6 des 8 derniers gagnants. Le titre de l'émission : Koh Lanta, le retour des héros . En plus, ce n'est pas plus mal de voir en plein hiver des images de soleil... En fait, tant qu'Angela Lorente, notre spécialiste, sera salariée de TF1, on n'abandonnera pas la télé du réel. J'ose le dire : Angela est la meilleure d'Europe. Elle saura toujours faire évoluer les formats qui, vous l'aurez noté, n'ont plus rien à voir avec les débuts. À mon sens, Secret Story tient désormais autant de la fiction que de la télé-réalité. Sans compter que la télé-réalité procure un double effet "kiss kool" pour TF1 : il nous réconcilie avec les moins de 25 ans et provoque l'explosion des audiences de nos sites Internet. Le site de Secret Story a ainsi cumulé 250 à 260 millions de pages vues. Ces chiffres sont tellement astronomiques qu'ils ne parlent plus à personne !

Le Point : Vous vous resignerez donc à une nouvelle saison de L'île de la tentation ?


L. S. : Franchement, à ce stade, je suis partagé. Elle marche encore très bien, mais... J'ai l'impression que les candidats ont trop décodé le programme. Les femmes ont compris le jeu des tentateurs et n'entrent plus dans le jeu. Les hommes, eux, au contraire, foncent sur toutes les tentatrices. Et les couples en rupture quittent le programme en cours de route... Tout cela devient un "doux bordel" à gérer. Je ne sais pas... Angela Lorente pense qu'on peut encore renouveler les codes du programme.

Le Point : À quand une grande émission politique sur TF1 ?

L. S. : Il me semble qu'une chaîne qui emploie 400 journalistes ne peut pas s'en priver. Mais je ne suis pas seul à décider. Jean-Claude Dassier, patron de l'information du groupe, vient d'arriver. Laissons-le prendre ses marques. Mais dans 3 ou 4 mois, quand il sera prêt, c'est une idée que nous examinerons s'il le sent bien.

Source : lepoint.fr

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