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Le debrief du prime 3 par Kevin Moulback

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Le debrief du prime 3 par Kevin Moulback

Message par Nightshade le Sam 4 Oct - 19:06

Le debrief du prime 3 par Kevin Moulback



Troisième prime : élimination de Gaëtan
ven oct 03 23:30 Par Kevin Moulback

Si le premier prime n'a pas fait recette, le deuxième a carrément fait naufrage. Il a été suivi par seulement 4,4 millions de téléspectateurs, soit 22,4 % de part de marché, la plus faible audience enregistrée par la Star Academy depuis sa création. Le même soir, le premier épisode de NCIS, la série militaro-policière de M6, caracolait loin devant avec presque 7 millions de téléspectateurs.


On s'interrogeait vendredi dernier sur les causes de cette soudaine désaffection du public. L'explication semble maintenant de plus en plus évidente : TF1 a le mauvais œil. Et il est facile de discerner derrière le sort qui s'acharne contre la chaîne la main d'un homme : Patrick Poivre d'Arvor. Ces vieux sages bretons ont de grands pouvoirs. Cela remonte à l'époque où ils cueillaient encore le gui sur les chênes avec une serpe d'or. Songez que PPDA est parvenu à faire repousser ses cheveux par la seule force de la pensée. Cet homme est capable de tout et TF1 était bien téméraire d'encourir son terrible courroux.

Maintenant, il est trop tard pour laver l'affront fait au mage celte. Il ne reste qu'à colmater au mieux les brèches béantes dans la coque du navire Star Academy qui fait eau de toute part. À cette fin, la production de l'émission a donc rameuté une foule d'artistes - huit au total -, histoire d'être parée au cas complètement hypothétique où l'un d'entre eux décidait subitement de rester dans sa chambre d'hôtel plutôt que de venir. Mais non, pas de défection ce soir et il faut donc que tout ce petit monde chante. Résultat : les titres s'enchaînent à un train d'enfer. Pour les artistes de moindre envergure, on est un peu dans le registre "chante et casse-toi". Pas de temps à perdre en palabres inutiles.

L'invité d'honneur n'est autre que Florent Pagny. Quelle joie de le revoir ! J'avais presque oublié son visage. Après tout, il n'est passé que trois fois à la Starac l'année dernière... Nikos nous informe que Florent a interrompu l'enregistrement de son album à Miami pour venir "partager son savoir-faire avec les élèves" ; il repart demain matin. C'est bizarre : à le voir ce soir, vêtu et botté de cuir noir, avec son crâne rasé et son bouc, on a plutôt l'impression qu'il est venu participer à une soirée SM au Glove, un établissement de haute tenue qui se trouve justement - le monde est petit - rue Charlot, à quelques mètres de l'hôtel de Brossier où réside l'Académie.

La sensibilité SM de Florent se confirme d'ailleurs quelques minutes plus tard quand il commence à nous torturer méchamment en interprétant "Amsterdam", la fameuse chanson de Jacques Brel sur les marins qui boivent et qui pissent, avec Quentin (tout de cuir vêtu lui aussi, y compris la cravate). L'arrangement retenu, à base d'accordéon plaintif et de piano poussif, est le plus vieillot qu'on puisse imaginer. On se croirait sur le plateau de la Chance aux chansons. Devant ce spectacle d'un autre âge, des millions de téléspectateurs ont probablement pensé la même chose au même moment : "Tiens, je me demande ce qui se passe dans NCIS".

Si l'objectif est de retenir le chaland, il est donc assez contradictoire de commencer avec ça. J'aurais plutôt choisi les Pussycat Dolls, qui ont clairement des attraits que Florent Pagny n'a pas. Seulement voilà, ce soir, les poupées félines passaient aussi au Grand journal de Canal + et, quand le prime a commencé, elles devaient encore être en train de faire la bise à Michel Denisot avant de partir pour les studios de La Plaine-Saint-Denis. Il a donc fallu se rabattre sur Florent Pagny pour faire du remplissage en attendant leur arrivée explosive.

À ceux qui ont le courage de rester sur TF1 malgré ce pénible démarrage (ou bien qui ne retrouvent plus leur télécommande), Florent explique que "c'est facile de bien chanter pour nous quand on a des bonnes chansons comme ça et qu'on a de bons musiciens comme ça qui jouent en vrai". Nikos approuve et tire "un coup de chapeau aux musiciens quoi qu'il advienne", une de ces phrases au sens incertain dont il a le secret. Parmi les bons musiciens en question se trouve Yvan Cassar, de sinistre mémoire puisqu'il appartenait à l'affreux jury de la Starac 7. Celui que, parait-il, on surnomme Mozart dans le métier, est sans doute responsable de l'odieux arrangement mentionné précédemment et, du coup, la raison pour laquelle on le surnomme Mozart devient vraiment très mystérieuse.

Après ce démarrage laborieux, c'est au tour de Joanna de nous surprendre en chantant "I Will Always Love You". Comme c'est original ! Voilà une chanson qu'on n'a jamais entendue auparavant à Star Academy et surtout pas chantée par Jenifer en 2001, Nolwenn en 2002 ou Cynthia en 2006. Ce titre n'a qu'un objectif, permettre à son interprète "d'envoyer", c'est-à-dire de faire la démonstration emphatique de sa puissance vocale. Un peu crispée et chevrotante au début, Joanna se débrouille quand même bien sur la fin, quand il faut "envoyer" à donf. On l'a cependant un peu aidée en abrégeant la chanson pour ménager son souffle. Les professeurs applaudissent debout (pour que le public sache bien que c'était beau, presque aussi beau que Céline Dion) et, avec une moyenne de 17,5 - la note la plus haute de la soirée - Joanna s'impose plus que jamais comme la favorite de cette huitième saison. Si la tradition staraquienne est respectée, elle devrait donc se faire éjecter en demi-finale. Le public a horreur des premiers de la classe.

À noter que Kamel Ouali, le plus grand chorégraphe de France, jamais à court d'idées, a fait de son mieux pour rendre Joanna ridicule. C'est donc engoncée dans une sorte de robe de mariée et juchée sur un cygne géant et duveteux qu'elle a dû délivrer sa chanson tandis que des danseurs costumés de blanc virevoltaient frénétiquement autour d'elle en tentant d'éviter d'autres cygnes géants et poilus, ce qui n'est pas une mince affaire, la scène étant petite cette année.

Après cette démonstration vocale mirobolante, c'est Solène qui s'empare de la scène pour un pénible concours de bêlements avec Sheryfa Luna sur "Il avait les mots". En écoutant, on pourrait croire à une intention comique mais en voyant les grimaces de douleur sur le visage de Solène tout au long de la chanson, on se dit que cette dernière recèle peut-être une intensité dramatique insoupçonnée... Dans tous les cas, ça fait du bien quand ça s'arrête, d'autant plus que le morceau de résistance vient juste après.

Il s'agit du duo de Lenny Kravitz avec Mickels sur "Are You Gonna Go My Way?". Ce numéro tant attendu est précédé d'une petite introduction biographique de Lenny détaillant tous ses exploits musicaux des origines à nos jours. Vu la longueur du reportage, la production a dû craindre que la ménagère ne se rappelle plus très bien qui est Lenny Kravitz et se dise en le voyant "Tiens, je ne savais pas que Jimi Hendrix était encore vivant" ou pire "Mais qui est ce type ?".

Comme avec Laurent Voulzy la semaine dernière, un sagouin en régie envoie la bande-son sans prévenir et prend Lenny et ses musiciens au dépourvu. Or, des guitaristes qui produisent des sons sans bouger les bras, on y croit assez moyennement. Lenny est quand même bien présent et secoue le plateau de son énergie. À ses côtés, Mickels est bien présent aussi. Faute de guitare, il ne sait pas trop quoi faire de ses bras mais il affiche sans complexe la rock attitude (ce que Nikos, à l'aise dans toutes les langues, appelle le rock behavior). Mickels a aussi l'air content d'être là, ce qui n'est pas le cas de tous les élèves. De toute façon, je l'aime beaucoup parce qu'il parle assez peu. C'est une grande qualité dans cette promotion, dont les membres ouvrent souvent la bouche, en particulier les garçons, et souvent pour déverser des inepties à haut débit (voir la démonstration plus bas).

Je vous épargnerai le duo de la jeune Pauline avec Maryline. Je vous en dirai simplement que ce titre-là au moins, on peut être sûr qu'il n'a pas été chanté en playback.

Vient ensuite l'autre grande attraction de la soirée : les Pussycat Dolls, qui chantent et dansent avec Joanna, apparemment leur plus grande fan. Les Pussycat Dolls sont cinq mais j'ai la vague impression que, d'un point de vue musical, quatre d'entre elles ne servent pas à grand chose, un peu comme s'il y avait quatre Victoria Beckham dans les Spice Girls. Visuellement, en revanche, rien à dire : elles font toutes le show et mettent littéralement le feu au plateau. Vêtue d'un bustier et d'un mini-short noir, Joanna fait de son mieux pour suivre la cadence mais il n'est pas facile d'exister sur scène à côté de la plantureuse Nicole Scherzinger qui la domine d'une tête.

Après ces six minutes de spectacle à haute énergie, le reste du prime paraît bien fade. J'en retiendrai quand même le duo de Florent Pagny et Gautier sur "Et un jour une femme", qui est accompagné d'une chute de neige du plus bel effet (pas assez puissante pour les ensevelir cependant). Difficile également d'oublier le numéro de danse de Rafaël Amargo, le professeur d'expression corporelle, sur "(Un, Dos, Tres) María" de Ricky Martin. Un peu trop lâche pour des mouvements de flamenco enfiévrés, son pantalon noir descend un peu trop bas, laissant émerger un slip blanc qui nuit considérablement à l'élégance de sa danse.

Bien entendu, un prime ne serait pas complet sans une rébellion grotesque d'Yvane. La semaine dernière, il avait refusé de voter en faveur de l'un des salariés nominés, "une décision qui a incontestablement créé la polémique" selon Nikos. Aujourd'hui, il commence par chanter le premier couplet de "Bouge de là" de MC Solaar avant d'enchaîner sur une composition de son cru, c'est-à-dire dire un nouvel arrangement de rimes de mirliton et de cabotinage macho sur un rythme ragga. Il achève son tour de piste par un petit bain de foule. La plupart des professeurs stigmatisent ce manque de respect, notamment Armande Altaï qui gratifie Yvane d'un petit 7. Anne Ducros, le professeur de chant, considère néanmoins que "derrière toute cette prise de pouvoir, il y a un artiste". Il faut vraiment bien le chercher. Après avoir arpenté un peu la scène à la manière d'un gorille en colère, Yvane croit bon de conclure son numéro d'auto-promotion par quelques harangues supplémentaires "pour le public, pour les gens qui sont là".

Je ne sais pas si "les gens qui sont là" ont apprécié ce flot déferlant de testostérone mais, vu de son poste de télévision, ce n'était guère plaisant. Je ne sais pas non plus si ces facéties sont préméditées et destinées à réveiller un prime un peu trop somnolent, voire à créer une polémique artificielle pour animer la quotidienne une semaine entière. Personnellement, j'ai juste trouvé ça pénible.

Il est temps de conclure. Vous vous demandez sans doute lequel des trois nominés à été éliminé. Moi non plus mais je vais vous le dire quand même. Alice a été sauvée par le public avec 48 % des suffrages contre 32,1 % à Édouard et 29,9 % à Gaëtan. Édouard a ensuite été sauvé par les élèves par neuf voix contre deux. Gaëtan avait demandé à ses camarades d'abréger leurs explications sur le thème "Je t'aime mais..." ; ils l'ont fait. Durant son ultime prestation sur "La Boulette" de Diam's, Gaëtan a cru bon de faire un doigt d'honneur à l'intention de Marine Le Pen, un geste d'une telle audace que j'ai failli en tomber à la renverse. Nikos résume le sort de de l'élève en une phrase : "Gaëtan, plein de talent, mais pas suffisamment". Pas suffisamment en effet : sans doute l'euphémisme du siècle.

À la semaine prochaine (si les dieux de l'audience sont cléments avec la Starac).

Source : yahoo.com

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Re: Le debrief du prime 3 par Kevin Moulback

Message par Nightshade le Sam 4 Oct - 19:21

Excellent une fois encore ce Kevin. J'apprécie tout particulièrement ses compte-rendus de primes.

Il a toujours ou très souvent raison, ses propos pertinents et drôles me mettent toujours d'excellente humeur

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Message par Invité le Sam 4 Oct - 21:26

Excellent, mais je le trouve un peu dur avec Johanna qui était quand même très féminine relookée ainsi
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Re: Le debrief du prime 3 par Kevin Moulback

Message par Nightshade le Sam 4 Oct - 21:32

oui mais c'est ça qui est marrant, c'est un caricaturiste, il exagère les défauts de tous et quand ils sont très légers et peu visible il arrive toujours à mettre le doigt dessus...

J'aime bien l'art de la caricature moi rigoool

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Re: Le debrief du prime 3 par Kevin Moulback

Message par Invité le Sam 4 Oct - 21:41

Oui, moi aussi
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